L’Art Nouveau, tout un style

Une réaction face à la révolution industrielle

Produit de la Belle Epoque (1890 – 1914), l’Art Nouveau est un style, un mouvement artistique de la fin du 19ème siècle et et du début du 20ème siècle. Né en réaction face à l’industrialisation et à la reproduction des styles anciens, ce nouveau courant, soudain, s’impose rapidement à travers le monde. L’Exposition Universelle de 1900 le présente à la face du monde.

On l’appelle “Jugendtsil” en Allemagne, “Tiffany” aux Etats-Unis, “Stile Liberty” en Italie, “Modern” en Russie.

Un style venu d’Angleterre

Le mouvement puise son origine dans le style Arts et Crafts alors en vogue en Angleterre depuis les années 1860. Volonté de retourner à l’artisanat et de marier l’utile au beau, le courant renoue avec une idée de la nature, de l’art authentique, celui du bois, de la poterie, du verre et de l’émaillage. Il casse les barrières entre arts majeurs et arts mineurs, plaçant par exemple les affichistes au rand d’artistes.

Basé sur l’esthétique de la ligne courbe, le style est rapidement qualifié de “style nouille” en ce qu’il repousse la rectitude ou la symétrie pour leur préférer les arabesques et les formes naturelles.

En France, c’est Hector Guimard qui popularise l’Art Nouveau avec ses fameuses bouches de métro parisien aux courbes végétales. C’est aussi Emile Gallé qui dans la verrerie, le mobilier et les objets d’art crée les canons du style.

L’Exposition Universelle de 1900 offre une large tribune à l’Art Nouveau en révélant aux yeux du monde les œuvres de ses premiers représentants : René Lalique, Emile Gallé, Eugène Grasset, Louis Majorelle,…

Nancy, ville de l’Art Nouveau

Nancy, à cette époque, est un véritable laboratoire de l’Art Nouveau. Alors que la Moselle, le Haut-Rhin et le Bas-Rhin ont été rétrocédés à l’empire allemand, Nancy devient la capitale d’un Est de la France dont l’identité régionaliste se forge durablement au gré de ces conflits franco-allemands.

L’école de Nancy y est créée, présidée par Emile Gallé, et dont les vice-présidents ne sont autres que Louis Majorelle, Antoine Daum et Eugène Vallin.

Orient, naturalisme et thème de la femme

Gallé, le maître verrier lance à Nancy une production pléthorique. Motifs exubérants, couleurs volontairement chatoyantes, ses œuvres s’inspirent de la flore, du monde marin et du japonisme. Majorelle, lui aussi originaire de Nancy et fils de fabricants de meubles, moins fantaisiste que Gallé, créé un mobilier typé à l’inspiration naturaliste. Antonin Daum créé avec son frère Auguste la fameuse cristallerie.

Nénuphar, ombelle, ginkgo, chardon, libellules sont autant de motifs de flore et de faune qui émaillent les œuvres de l’Art Nouveau, de l’école de Nancy au Vosgien François-Théodore Legras.

Le thème de la femme est une composante essentielle de l’Art Nouveau. Sa représentation s’inspire de l’Antiquité, puise ses références dans les estampes japonaises. La femme orientale, de l’Asie au Proche-Orient fait à l’heure du puritanisme et du colonialisme occidental, l’objet de toutes les fascinations. On la découvre déesse byzantine, drapée en blanc, parée d’une couronne végétale. Le thème est intensément repris par les artistes et affichistes.

Mouvement soudain et bref, l’Art Nouveau se dirigera avant le début de la première guerre mondiale vers des formes plus géométriques, augurant là l’avènement d’un style qui prône un retour à plus de classicisme et qui prendra la relève : l’Art Déco.

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